Les réseaux sociaux et le Monsieur-au-fond-de-la-salle. 4

Les réseaux sociaux ont parfois bon dos, je le constate régulièrement à l’occasion de conférences ou d’ateliers animés ici et là dans ma région (Bretagne). Encore beaucoup de chefs d’entreprises sont sincèrement persuadés que les « Facebook et compagnie » sont une mode et une perte de temps inutiles. Je ne peux pas leur donner raison, mais je peux comprendre leur point de vue. Hélas, d’autres vont plus loin et attribuent au web social et aux technologies qui l’accompagnent  l’origine de problèmes qui évidemment n’existaient pas jusqu’alors. Ceux-là sont particulièrement virulents et peuvent vous plomber une formation ou une conférence.

Source: lesdivagationsdecalipso.fr via Virginie on Pinterest

 

Le « Monsieur-au-fond-de-la-salle » ou (mafls) est comme son nom l’indique, assis au fond de la salle… il peut s’agir de dames également et de ce point de vue, l’égalité des sexes est bien respectée. Il ou elle, donc, garde les bras croisés une bonne partie de la présentation et cherche autour de lui/elle d’autres regards désapprobateurs qu’il finit toujours pas trouver. Le Monsieur-au-fond-de-la-salle se contente de garder le silence au début, puis grommelle un peu ou ponctue les slides d’un petit haussement d’épaule spasmodique. Au bout d’un certain temps (environ 40 minutes) une conversation s’installe entre les mafls. Certains d’être dans la raison face à des irresponsables, les échanges vont bons trains et oublient de se faire discrets. On se félicite d’être dans le juste par des hochements de tête et des moues qui en disent long sur l’état du monde et le délabrement des valeurs.

Lors d’un récent petit déjeuner dans une très jolie ville bretonne, un « monsieur au fond de la salle »  m’a fait un beau compliment en affirmant que :

– Tous les trucs que vous avez présentés, c’est bien joli…

– Merci Monsieur

– … mais (ah zut) moi je suis chef d’entreprise et je vois bien toute mon équipe passer leur temps à consulter leurs smartphones. Dès que j’ai le dos tourné, vous pouvez être sûrs qu’il ne font plus que ça…

– Je comprends mais on peut difficilement leur interdire de s’en servir. D’autant que vous ne pourrez pas non plus interdire l’utilisation des ordinateurs et que rien ne vous prouve que vos salariés ne font pas des réussites sur Windows quand vous avez le dos tourné…

– Hé bien pourquoi pas interdire ? (Brouhaha dans la salle)

– Peut-être est-ce tout simplement un problème de management et de gestion des ressources humaines ?

– grmbl

Un autre jour, un autre Monsieur-au-fond-de-la-salle avait affirmé qu’il en avait assez de ces « machins-là » en parlant de l’internet, assez de payer chaque année une fortune les .org, .com, .fr, .eu et qu’il aimerait bien savoir quand ça allait s’arrêter un jour.

– Arrêter quoi Monsieur ?

– Ben, Internet…

Evidemment les mafls restent minoritaires et le sont de plus en plus d’ailleurs. La plupart des personnes que j’ai le plaisir de croiser dans ma mission (croisade ?) sont ouvertes, curieuses et pour certaines passionnées et passionnantes. Mais je ne vous cache pas le plaisir de « retourner » un mafls. Quand un Monsieur ou une Madame-au-fond-de-la-salle vient me voir en fin de présentation pour me dire que j’ai été convaincant et qu’il ou elle va revoir sa position, la satisfaction est immense :)

 

Auteur du billet : 

J'accompagne les entreprises dans leur communication sur les médias et réseaux sociaux : stratégies de contenu et d'animation, community management, formation, conférences. Je suis basé à Rennes, en Bretagne.

  • http://www.veille-web.fr Matias Grenn

    Nous rencontrons les mêmes réactions quand il s’agit de veille sectorielle ou concurrentielle… Après à eux de voir s’ils veulent donner un avenir à leur entreprise ou non !

    • http://www.webpatron.fr lionelmyszka

       @Matias Grenn Absolument. Cela dit notre tâche est délicate car convaincre c’est une chose, mais assurer derrière et obtenir des résultats concrets en est une autre. C’est pour ça que j’évite d’avancer l’argument de l’avenir de l’entreprise, même si je suis effectivement convaincu que c’est de cela dont il est question, au fond.

      • http://www.veille-web.fr Matias Grenn

         @lionelmyszka Oui, partir sur cet argument est en effet assez périlleux. Les enjeux du numérique pour les entreprises sont souvent sous-estimés. Pourtant avec la crise, c’est un espace de communication, de marketing et de vente qui me semble plus intéressant que la presse ou la télévision (surtout en fonction des coûts car une petite ou moyenne entreprise n’a pas vraiment les moyens d’aller sur ces médias là). Les formations et les conseils que nous pouvons faire sont là pour les « éduqyer », les « familiariser » à ces outils, plateformes, etc., pour qu’ils n’y aillent pas à l’aveugle, avec de faux espoirs ou des idées de ROI en aucun rapport avec l’espace choisi… Bref, il y a encore pas mal de boulot !

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