Pourquoi les cadres dirigeants détestent-ils les médias sociaux? 4

Synthèse personnelle d’un article publié le 1er août par le cabinet de conseil en médias sociaux Deming Hill.

Les cadres dirigeants n’aiment pas les médias sociaux parce que :

  • Ils ne sont pas narcissiques. La société qui se vante constamment sur Twitter, Facebook, les blogs etc. ne les intéresse pas.
  • Ils n’adoptent pas facilement des comportements de groupe. Au contraire, ils s’en méfient et s’en éloignent. « Pour gagner une course, il faut sortir du peloton »
  • Ils détestent l’idée que leur travail soit homogénéisé avec celui de la masse, peu inspirée.
  • Ils n’aiment pas les réseaux, synonymes de perte de temps. Ils cherchent l’authenticité et sont souvent introvertis.
  • Ils n’aiment pas les concepts flous comme le « buzz ». Ils ont le hasard en horreur. Jusqu’à présent, personne n’est parvenu à leur donner un vision long terme de l’utilisation des médias sociaux.
  • Les cadres ont un égo particulièrement développé qui ne leur permet pas d’admettre qu’ils ne comprennent pas quelque chose (la débâcle d’Enron serait à mettre sur le compte de l’incapacité de ses cadres dirigeants d’avouer leur incompréhension du système qu’ils étaient sensés gérer). De ce point de vue, la technologie, les médias sociaux les mettent dans une situation d’insécurité.
  • Les cadres supérieurs aiment les faits. Aucune des promesses tenues par le web social n’ont été tenues jusqu’à présent.
  • D’une façon générale, les cadres détestent l’idée que quelque chose doit être bonne parce qu’elle est nouvelle.

Sur la base de ces (édifiants) constats, les associés de Deming Hill conseillent de décrire le fonctionnement et les intérêts des médias sociaux dans un language qui parle aux dirigeants.

7 grands arguments pour avoir une chance de convaincre un cadre dirigeant de l’intérêt des médias sociaux :

  1. Sur les médias sociaux, on trouve des informations brutes. Par exemple, on se retrouve en contact direct avec la satisfaction client. L’information n’est pas filtrée par plusieurs couches hiérarchiques pour lesquelles la vérité n’est pas une réalité objective, mais davantage une source de problèmes (note personnelle), ceux que les auteurs de l’article appellent les « Yes Men ».
  2. Sur les médias sociaux, on établit une relation authentique avec ses clients, fournisseurs, partenaires etc. La politique du « Keep It Real » trouve des outils et un terrain favorables à son application.
  3. Les cadres dirigeants aiment qu’on leur parle de vitesse et de réduction des coûts. Les médias sociaux accélèrent les interactions, le service à la clientèle, le lancement d’un produit, le marketing et la publicité, à moindre coût. Pour la publicité notamment, on passe d’un format de diffusion au « fusil de chasse », à un format de diffusion au « sniper ».
  4. L’utilisation des médias sociaux est délicate et potentiellement dangereuse (comparaison avec l’arme nucléaire). Mais les entreprises évoluent DEJA dans les médias sociaux. (note : on peut rappeler ici que même les bonne vieilles pages jaunes sont devenues sociales). Cette présence de fait entraîne la nécessité d’agir, de contrôler sa présence afin de gérer le risque. Cela passe par la mise plat  des besoins et des attentes de la société, ainsi que la formation des salariés.
  5. Fournir des infos, des faits. L’article dresse une liste de quelques chiffres clés.
  6. Insister sur la cohérence et la durabilité sur le long terme. Les cadres dirigeants n’ont pas besoin d’être à la pointe. Ils ont besoin que ça fonctionne.
  7. L’engagement. Les cadres dirigeants aiment que leur fournisseur s’engage à les conduire au succès.

Auteur du billet : 

J'accompagne les entreprises dans leur communication sur les médias et réseaux sociaux : stratégies de contenu et d'animation, community management, formation, conférences. Je suis basé à Rennes, en Bretagne.

  • Milouse

    Et si tout simplement ils n’aimaient pas écrire ?

  • Lionelmyzka

    Une petite synthèse des commentaires publiés sur LinkedIn à propos de cet article.

    Fréderic Layani est plutôt optimiste et rappel que « (…) il y a quelques années internet était au même niveau et que de fois j’ai entendu des commentaires peu avenants ou bloquants. Le social sera dans quelques temps intégré et sera une vrai plus value pour les entreprises dans leur mix. »
    Remarque équivalente de Pierre Enderlin pour qui « nombreux sont les cadres qui ne prennent pas toute la mesure du potentiel des réseaux sociaux ».
    « Il reste beaucoup à faire » selon Mickael Thomassin « notamment dans les TPE/PME ».

    Franck La Pinta nous rassure « En laissant de côté le discours idyllique sur la magie universelle des medias sociaux au profit d’une approche concrète, cohérente avec les réalités de l’entreprise, en adoptant une approche itérative (car on passe pas rarement à une organisation 2.0 d’un claquement de doigts) pour acquérir une courbe d’expérience, avec une allocation des ressources (financières et humaines) progressive, aucun dirigeant compétent ne fera la sourde oreille. »

    « Cela dépend de leur domaine du business », affirme Bernard Savonet : « La DRH peut difficilement éviter aujourd’hui de « lire » les médias sociaux, et sans doute pas non plus d’y « écrire » . Pareil pour le monde du hi-tech, ou de la communication. »

    Serge Guillopé met en évidence d’autres traits communs chez les cadres :
    – moins happés par les TIC
    – ne communiquent pas en mode multi-canal
    – ne souhaitent pas donner prise à des critiques ultérieures de leurs propos…

    Cyril Bladier pour terminer nous renvoie sur un article de C.Deniaud traitant de l’opportunité de réfléchir avant de confier sa communication on-line à des stagiaires inexpérimentés. http://www.mediassociaux.com/2010/07/28/les-medias-sociaux-et-les-agences-une-vision-orientee-media/

  • Lionelmyzka

    Une petite synthèse des commentaires publiés sur LinkedIn à propos de cet article.

    Fréderic Layani est plutôt optimiste et rappel que « (…) il y a quelques années internet était au même niveau et que de fois j’ai entendu des commentaires peu avenants ou bloquants. Le social sera dans quelques temps intégré et sera une vrai plus value pour les entreprises dans leur mix. »
    Remarque équivalente de Pierre Enderlin pour qui « nombreux sont les cadres qui ne prennent pas toute la mesure du potentiel des réseaux sociaux ».
    « Il reste beaucoup à faire » selon Mickael Thomassin « notamment dans les TPE/PME ».

    Franck La Pinta nous rassure « En laissant de côté le discours idyllique sur la magie universelle des medias sociaux au profit d’une approche concrète, cohérente avec les réalités de l’entreprise, en adoptant une approche itérative (car on passe pas rarement à une organisation 2.0 d’un claquement de doigts) pour acquérir une courbe d’expérience, avec une allocation des ressources (financières et humaines) progressive, aucun dirigeant compétent ne fera la sourde oreille. »

    « Cela dépend de leur domaine du business », affirme Bernard Savonet : « La DRH peut difficilement éviter aujourd’hui de « lire » les médias sociaux, et sans doute pas non plus d’y « écrire » . Pareil pour le monde du hi-tech, ou de la communication. »

    Serge Guillopé met en évidence d’autres traits communs chez les cadres :
    – moins happés par les TIC
    – ne communiquent pas en mode multi-canal
    – ne souhaitent pas donner prise à des critiques ultérieures de leurs propos…

    Cyril Bladier pour terminer nous renvoie sur un article de C.Deniaud traitant de l’opportunité de réfléchir avant de confier sa communication on-line à des stagiaires inexpérimentés. http://www.mediassociaux.com/2010/07/28/les-medias-sociaux-et-les-agences-une-vision-orientee-media/

  • Pingback: Le coup d’oeil du Senior – n°1WebPatron()